03.02.2009

Faire de la politique

Faire de la politique, en théorie, est noble : c’est s’occuper de l’intérêt général, de la cité (de la vie ensemble). En pratique, en 2009 en France, la politique est mal vue, surtout si vous êtes élu. Pourquoi un tel décalage ?
J’écoutais il y a une quinzaine de jours Nathalie Kosciusko-Morizet interrogée sur France Inter : je me disais qu’avec Martin Hirsch, elle emporte la conviction, à gauche comme à droite. Pourquoi ?
Leur compétence ? Peut-être, mais d’autres ministres n’en manquent certainement pas. La différence avec ces autres ministres compétents est peut-être dans le fait qu’ils ne mettent pas leur option partisane ou idéologique avant les questions qu’ils ont à résoudre dans leurs missions.
A vouloir placer l’option partisane en primat de tout le reste, subordonner toute action politique (au sens de ‘qui concerne la vie de la cité’) à un imprimatur implicite « de gauche » ou « libéral », on bloque tout et c’est ainsi qu’on décrédibilise les hommes et les femmes qui font de la politique. Je prendrai un seul exemple, caricatural, tiens à gauche : les 15 milliards aux riches. Je n’approuve pas les mesures prises, mais le slogan est en grande partie faux même s’il est si facile à faire entendre. Le gouvernement se trompe sans doute en prenant ces mesures, mais le PS trompe un peu plus encore en diffusant sciemment des analyses fausses.
On m’objectera que la compétence sans l’esprit partisan, cela ne suffit pas encore. Brice Hortefeux a, dans l’ensemble, rempli avec compétence, ce qu’ « on » (c’est-à-dire Nicolas Sarkozy) lui a demandé. On (nous, les citoyens) ne l’entend pas pourfendre la gauche ou entretenir des polémiques purement partisanes. Pourtant, quel démocrate n’est pas choqué par sa politique cynique qui manque singulièrement d’humanisme ?
En perspective, il y a fort à parier que tel ou telle, si sympathique aujourd’hui, le sera moins quand on aura vu les rayures qu’il ou elle ne manquera sans doute pas de faire sur quelques parquets, à moins qu’elle n’il ou elle n’aille pantoufler quelque part, car, il faut le reconnaître, la politique, c’est usant, n’est-ce pas et ne l’ai-je pas bien mérité ?

Pour mériter le nom de « politique », expression préférable à « faire de la politique » qui sonne un peu comme « se faire du fric », on se doit donc d’être compétent, honnête intellectuellement et engagé à l’intérêt général ? Qui aujourd’hui répond à ces critères ?

Laurent Lehec

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