09.04.2009
Le G20 : Une réussite ?
C'est en tout cas ce que l'on a pu lire dans la plupart des quotidiens (à l'exception de l'humanité). L'ensemble des médias a salué l'exploit de "l'entente cordiale". Pourtant, une voix dissonante s'élève... Celle de Jacques Attali dont je reprends les extraits les plus marquants et sans doute les plus alarmants.
"5 Trillions de relance ?
C’est bien la somme des sommes déjà dégagées, mélange de prêts, d’émissions monétaires, qui représente 10% du PIB mondial ; mais qui renvoie à la question simple : qui finance ? Je ne vois aucune recette, sauf la vente d’un peu d’or du FMI ; et encore, sa mise sur le marché en fera s’effondrer le prix. Comment alors espérer résoudre une crise de la dette en augmentant la dette ? A terme, par l’argent des contribuables."
"Des bilans de banques plus sains ?
En permettant aux banques et aux assureurs de ne plus valoriser leurs actifs à des prix proches de leur valeur de marché , on améliore en apparence le bilan des banques. Mais à l’inverse, on ne les encourage pas à se débarrasser de leurs actifs toxiques. Les auditeurs vont même se retrouver, avec ces nouvelles dispositions, dans l'obligation de valider des valorisations d'actifs même s'ils ne sont pas convaincus des hypothèses sous jacentes. Quand la vérité apparaitra, dans quelques mois ou quelques années, il faudra recapitaliser ces institutions. Avec l’argent des contribuables (bis)"
"Une spéculation réduite ?
En apparence oui. Mais quoi, en pratique ? Rien n’est dit sur les CDS, épée de Damoclès au dessus du système, ni sur les paradis fiscaux anglo-saxons, grands vainqueurs du G20, ni sur la réalité de la titrisation et des effets de levier. En fait, tout semble même continuer comme avant : La FSA (régulateur anglais) a autorisé avant hier la Barclays à céder l’une de ses filiales en lui permettant de financer l’acquéreur. Comme avant. Les nouvelles valorisations autorisées vont améliorer artificiellement les fonds propres et permettre l’accroissement des effets de levier. Comme avant. Le plan Geithner va permettre aux banques américaines de vendre leurs actifs toxiques avec des effets de levier dignes des pires spéculations d’avant la crise (9 pour 1). Comment le Comité de Stabilité Financière pourrait-il autoriser des pratiques si contraires aux principes qu’il est supposé défendre ? Comment autorisera t il ainsi à des fonds spéculatifs de faire d’immense profits avec l’argent des contribuables (ter)."
22:52 Publié dans Veille Internet Démocrate | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note



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