09.11.2009

Débat « L’identité Française »

Je laisse la parole à Frédéric sur cette question épineuse… Si vous avez des remarques n’hésitez pas à poster des commentaires. Vous êtes libre d’y réagir !

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Il me semble que le vrai débat est de savoir comment nous allons gérer le choc des cultures entre culture chrétienne occidentale et culture islamique.

Etre Français c'est être essentiellement et historiquement de culture chrétienne, manger de la charcuterie, du porc, boire du vin, accepter l'émancipation des femmes et accepter une laïcité tempérée.

Evidemment les grands capitaine d'industrie veulent de l'immigration pour faire baisser le coût du travail sans se préoccuper des conséquences de la cohabitation entre cultures différentes. Les jeunes musulmans Français sont un peu perdus entre 2 cultures et celà doit être très difficile pour eux.

Les Italiens, Polonais, Portuguais, Espagnols ont pu s’intégrer car ils étaient de culture proche de la notre, qu’en sera t’il des musulmans, il y a déjà un prosélytisme et des demandes spécifiques émanant de cette minorité (foulard, médecin femme pour les femmes, piscines séparées etc..).

Une minorité toute relative d’ailleurs, à Bruxelles en plein cœur de l’Europe il y a déjà 38 % de musulmans, dans 10 ans ils pourraient être réellement majoritaires.

Est ce un hasard si le discourt de Nicolas Sarkozy sur l’immigration en 2007 s’est tenu à Poitiers, tout un symbole.

Tout un symbole aussi les sifflets de la Marseillaise pendant les matchs de l’équipe de France contre l’Algérie, le Maroc, la Tunisie et l’envahissement du terrain à la fin du match contre l’Algérie. Comment ne pas y voir métaphoriquement un envahissement du territoire national, sanctuaire s’il en est de notre identité avec notre langue Française et notre longue histoire. En l’occurrence l’étranger au sens premier d’étrange (qui ne se comporte pas comme nous), si étranger il y a, ne viendrait pas de l’extérieur mais serait déjà en place.

Notre passé colonial n’a pas été bien digéré, des 2 cotés, et il serait temps de remettre tout cela à plat avec nos amis Algériens.

Le 11 septembre et sa sidération des esprits par ses images d’un esthétisme cruel, Al Qaida et son terrorisme travaillent sourdement l'imaginaire collectif occidental et met en lumière un certain réveil de l’Islam.

Les musulmans n’ont aucun soucis pour mettre en avant leur religion, leur identité, leur culture, nous on s’excuserait presque d’être français et catholiques.

Nos valeurs universalistes (droit de l’homme, laïcité radical, esprit des lumières….) nous font perdre de vue notre identité propre car évidemment universalisme et identité font un peu oxymore et relève de la quadrature du cercle. Mais cette identité se construit aussi en creux, en comparaison , opposition, inévitablement (athée grâce à Dieu), nous sommes français parce que nous ne sommes pas Allemands, pas Anglais, pas Algériens, parce que nous ne sommes pas de culture musulmane.

La laïcité nous garantirait l’équivalence de toute les cultures, de toutes les confessions mais est ce tenable, est ce souhaitable car alors il se peut que nous ne soyons plus rien et qu’il soit bien difficile de définir une quelconque identité. Ne risquerions nous pas de tomber dans le relativisme mais aussi dans le communautarisme, comme dit le proverbe « qui se ressemble s’assemble ».

L’identité est aussi quelque chose de mouvant qui ne peut être figée et qui se construit avec ou en rapport avec l’autre, c’est la notion de l’altérité, de la différence.

Si on essaye de faire une analogie avec la vie, qu’est ce que la vie, elle ne se définit pas de façon individuelle mais dans les rapports, l’interaction, le frottement des choses et des êtres entre eux et avec leur environnement.

Toujours dans le même ordre d’idée, Francisco Varela (biologiste, neurologue et philosophe Chilien) a forgé le concept d’énaction dans les sciences cognitives, on pourrait presque dire d’en action, il s’agit d’en finir avec la définition simple sujet et objet séparés et de caractériser, positiver ce qui se passe dans l’interaction entre le sujet et l’objet.

Egalement les nouvelles descriptions de fonctionnement du cerveau (IRMN) montrent que précisément le cerveau ne fonctionne pas mais interagit avec son environnement (voir aussi en biologie le concept d’autopoïèse)

En mécanique classique on connaît le principe d’action – réaction et le principe de moindre action.

En physique quantique le quantum d’action (h constante de Planck) joue un rôle primordial, il y a impossibilité de séparer la propriété d’un objet (une particule) des conditions expérimentales de vérification de cette propriété. L’interaction entre l’objet et l’appareil de mesure est incontrôlable d’où l’indéterminisme et la description probabiliste. Les propriétés des objets sont décrits non plus de façon individuelle mais contextuelle.

En chimie il ne se passe quelque chose que si il y a liaison (interaction) chimique entre atomes ou molécules, les gaz rares sont des atomes inertes c’est à dire sans liaison, sans vie.

De même il n’y a pas d’identité en soi, il y a du relationnel et de l’interactionnel. Une identité figée conduirait inéluctablement à un déclin, un appauvrissement.

Il y a peut être moyen de construire un syncrétisme culturel en prenant ce qu’il y a de meilleur dans chaque culture en particulier dans la culture musulmane, un certain sens du collectif, une certaine amicalité des rapports familiaux et sociaux où les hommes n’hésitent pas se faire la bise ou se promener dans la rue main dans la main, à se toucher sans tabous ni arrière pensée là où l’occidental est plus gêné avec son corps et reste très, trop individualiste pour ne pas dire égocentrique et narcissique (voir la gay pride qui frise l’obscénité et la décadence)

Pour le rôle de la femme il me semble que l’occident est allé trop loin dans l’émancipation des femmes car un certain exhibitionnisme féminin dans la sphère publique (magazine people, ventre nu, string apparent , jean hyper moulant, maquillage outrancier….) desservent la cause des femmes et brouillent les rapports hommes femmes.

La question de l’identité est une question philosophique complexe, faire un débat sur ce thème c’est déjà reconnaître qu’il y a un trouble et un doute sur l’identité française, sur nos valeurs, sur notre culture.

Il me semble que l’identité qui est une valeur collective est fortement mis à mal par les valeurs individualistes de notre société occidentale (droit de l’homme (cf le philosophe Marcel Gauchet), universalisme, esprit des lumières). Il y aura toujours un hiatus entre les valeurs universalistes et la recherche d’une identité propre. Le mouvement de balancier de l’histoire va vers un retour au collectif sinon au collectivisme, vers un repli identitaire face à l’universalisme et à la mondialisation.

Dans identité il y a identique, il y a la notion du même, du collectif, qu’est ce qui nous rassemble, qu’est ce que nous voulons faire ensemble. Quand la solitude, la singularité et la liberté de l’individu devient trop grande l’individu peut être guetté par l’angoisse existentielle, du sens de sa vie, de sa propre identité et vouloir rechercher le réconfort du collectif, du groupe, de la norme, de la règle, de l’identique.

La grande question en définitive n’est pas de savoir qui sommes nous mais qui voulons nous être et que voulons nous faire ensemble mais comme je l’ai déjà dit plus haut on ne peut définir précisément une identité car c’est un processus contextuel, historique, géographique, conflictuel, relationnel, évolutif et dynamique.

Il semble in fine que depuis quelques décennies nous nous soyons rendu compte que notre identité était celle de terrien vivant sur une petite planète aux ressources limitées mais ceci n’est pas forcément fait pour apaiser nos peurs ancestrales.

Frédéric Wyczisk

« La recherche d’une identité « intégrale » est un but hors d’atteinte pour des êtres humains. Ainsi il existe une forme de déception ontologique dans toute forme de fondamentalisme qu’il soit religieux ou séculier »

Yirmiyahu Yovel,

« Qui sommes nous » , les rencontres philosophiques de l’Unesco, 307 Découvertes Gallimard, 1996

 

 

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(Quand De Funes ressemble à Nicolas Sarkozy.. ou vice et versa...)

 

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